La faible croissance de la productivité canadienne et le manque d’investissements dans la recherche et le développement par les entreprises canadiennes ont été mis en lumière récemment (billet 1, billet 2, billet 3). En plus des solutions précédemment mentionnées sur ce site, les anges investisseurs sont une autre facette d’une solution globale visant à régler ces problèmes.
Les anges investisseurs («anges » ci-après) peuvent être définis comme étant des investisseurs (i) dans une société fermée (ii) sans lien de dépendance, lien amical ou lien familial (iii) intervenant dans la gestion de la société (iv). (1) En termes différents, les anges contribuent à la mise sur pied d’entreprises par l’apport combiné de capitaux et d’expertise en affaires.
Selon des auteurs (1), l’importance des anges peut être constatée en faisant 3 constats. Premièrement, malgré l’aide fiscale importante octroyée aux entreprises, les entreprises canadiennes investissent peu dans la recherche et le développement (1). Deuxièmement, le capital de risque institutionnel investit principalement dans les entreprises à un stade avancé de développement (1). En troisième lieu, des besoins importants se font sentir à l’étape du démarrage et du prédémarrage. En somme, assister les jeunes entreprises innovantes au stade du démarrage et du prédémarrage doit faire partie des objectifs d’une bonne politique sur l’innovation et l’entrepreneuriat.
Les anges investissent dans ce créneau crucial. Alors, comment stimuler cette aide si essentielle? Des auteurs mentionnent 4 possibilités (1) : 1) améliorer le rendement des anges via une politique fiscale efficace, 2) la création de fonds d’appariement visant à augmenter les montants investit par les anges, 3) attirer les anges vers un réseau qui augmentera la qualité des propositions qui leur sont soumises et leurs outils pour faire croître l’entreprise et 4) former les entrepreneurs et les guider vers des anges financiers.
Au Québec, des initiatives similaires ont été instaurées avec la Stratégie québécoise de l’entrepreneuriat (3). On y retrouve notamment de l’aide financière additionnelle pour le Réseau Anges Québec (1,5 million, 2011 – 2014) et la création du Fonds Capital Anges Québec (20 millions, 2011 – 2014). En somme, avec toutes les mesures de soutien aux entrepreneurs, la Stratégie Québécoise de l’entrepreneuriat semble couvrir 3 des 4 points abordés au précédent paragraphe. Il sera donc intéressant de voir si cette stratégie porte fruit.
Qu’en pensez-vous?
Référence :
(1) Carpentier C., Suret J.M., Incitatifs fiscaux dédiés aux anges investisseurs : une analyse critique des programmes instaurés dans le monde (2011), http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2011s-58.pdf
(2) Sommaire de la Stratégie québécoise de l’entrepreneuriat
(3) Stratégie québécoise de l’entrepreneuriat
(5) Anges Québec
Billets précédents :
Solutions à notre problème de productivité
Pour un Plan Sud – l’importance du financement public de la recherche
La croissance de la productivité – quel rôle pour les universités?
Montréal et la Stratégie québécoise de l’entrepreneuriat
La relève entrepreneuriale au Québec et la croissance des petites entreprises

Ping : Définir l’innovation – une approche globale |
Ping : Comment intégrer les PMEs au réseau global de production? |
Ping : Montréal TIC |