L’interface université-entreprise*

Les entreprises canadiennes n’investissent pas assez dans la recherche et le développement (billet précédent). Or, cela est problématique, car les entreprises doivent avancer leurs profits en préparant leur avenir aujourd’hui. L’augmentation de la collaboration entre les universités et les entreprises a été envisagée à plusieurs reprises comme une partie de la solution au problème (billet I, billet II, billet III). Est-ce que cela est réaliste? Si oui, comment?

La collaboration entre les entreprises et les universités a plusieurs facettes. Elle inclut a) la formation de personnel hautement qualifié, b) l’octroi de contrats de recherche par les entreprises aux universités et c) l’exploitation commerciale des résultats de la recherche universitaire.

Il semble qu’augmenter la collaboration entre les entreprises et les universités soit un objectif réaliste, principalement en ce qui a trait au point c). En effet, au cours de la dernière année, les sommes perçues par les universités dans le cadre de transferts de technologies s’élevaient à 2,3 milliards $ aux États-Unis. Le Canada ayant une économie approximativement équivalente à 10% de l’économie des États-Unis, les universités devraient percevoir 230 millions de $. Or, au Canada, ces revenus ne s’élèvent qu’à 60 millions de $. En somme, il semble que l’augmentation de la collaboration entre les entreprises et les universités soit un objectif réaliste.

Mais comment y parvenir? Il semble que ce soit une question de culture avant tout. Les entreprises doivent réaliser qu’en investissant dans la recherche et le développement aujourd’hui, elles préparent leurs profits de demain. Quant aux chercheurs, ceux-ci doivent comprendre qu’il est possible de concilier les objectifs de la recherche académique tout en collaborant avec des entreprises; cela leur permettrait de profiter d’une autre source de financement.

Mais surtout, pour rendre l’expérience profitable, tous les acteurs doivent comprendre qu’il est nécessaire de faire preuve de flexibilité. Il est en effet difficile de prévoir les résultats d’une collaboration en matière recherche et développement. Plutôt que d’avoir un seul modèle de collaboration ou d’exiger un financement et des résultats d’envergure dès le départ, les acteurs devraient s’apprivoiser tranquillement et bâtir une relation de confiance. Les organismes de valorisation de la recherche universitaire et les BLEUs (Bureaux de liaison entreprises-universités) jouent un rôle important dans l’établissement de ces relations. Au Québec, selon les universités, on retrouve de multiples acteurs dont notamment Univalor et MSBi Valorisation pour les sociétés de valorisation.

Qu’en pensez-vous?

*Ce billet a été inspiré par une conversation avec M. Didier Leconte, Président-directeur général  chez MSBi Valorisation. Même si M. Leconte œuvre au sein de MSBi Valorisation, ses remarques ont été faites strictement à titre personnel et ne reflètent pas nécessairement celles de MSBi Valorisation.

Billets précédents :

Solutions à notre problème de productivité

Pour un Plan Sud – l’importance du financement public de la recherche

La croissance de la productivité – quel rôle pour les universités?

Minimiser les risques économiques associés à la R&D

La valorisation de la recherche universitaire, c’est rentable?

Valorisation de la recherche universitaire

Une réponse à L’interface université-entreprise*

  1. Ping : Définir l’innovation – une approche globale |

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s