Productivité et capital humain: données sur l’intégration des nouveaux arrivants au marché du travail

L’intégration des nouveaux arrivants au marché du travail est plus difficile au Québec que dans les autres provinces du Canada. Le taux de chômage chez les nouveaux arrivants est 6 % plus élevé que la moyenne, alors que dans l’ensemble du pays, cette différence est de 1,4 %. Au surplus, le taux d’emplois était de 74,5 % en 1980 et il était de 71 % en 2006. (1) Finalement, leur revenu moyen est inférieur de 14 % au revenu moyen. (1) Peut-on améliorer ce bilan?

L’immigration économique

D’emblée, il est nécessaire de définir l’immigration dont cet article traite. Il y a trois catégories de nouveaux arrivants au Canada : les réfugiés, ceux qui immigrent pour cause de réunification familiale et les immigrants économiques. En vertu d’un accord avec le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial au Québec choisit ses immigrants économiques, ce qui représente 65 % de son immigration; c’est précisément de cette catégorie dont traite cet article.

Le paradoxe de la province de Québec

Malgré son bilan, le Québec a fait beaucoup pour améliorer le bilan en matière d’emploi pour les nouveaux arrivants. En effet, alors que le taux de diplomation universitaire des nouveaux arrivants était de 15,6 % en 1980 et il était de 51 % en 2006. (1) Concomitamment, le taux d’immigrants sans diplôme est passé de 40 % en 1981 à 9,3 % en 2006. (1) 28 % des immigrants parlent le français seulement et 37 % parlent le français et l’anglais. Au total, 60,4 % des immigrants parlent français. D’ailleurs, le Québec est la province où la proportion des immigrants ne maitrisant aucune des deux langues officielles est la moindre. À titre illustratif, 20,9 % des immigrants ne parlaient ni français, ni anglais. À titre comparatif, 27,3 % des immigrants en Ontario et plus de 35 % des immigrants en Colombie-Britannique ne parlent pas aucune des deux langues officielles.

Des facteurs importants à considérer

Certains facteurs sont importants à considérer pour améliorer le bilan en matière d’emploi des nouveaux arrivants. En premier lieu, le taux d’emploi des immigrants ayant obtenu un diplôme au Canada est bien supérieur à ceux ayant obtenu un diplôme à l’extérieur. (1) Deuxièmement, plus un immigrant est jeune, mieux il performe à long terme sur le marché du travail. Les immigrants arrivés à un âge plus avancé ont un taux d’emploi bien inférieur à celui des autres canadiens. (1).

Les initiatives gouvernementales pour améliorer la situation

Quelques initiatives ont été mises en place pour améliorer la situation. Les plus importantes sont l’Entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles et le Programme de l’expérience québécoise (PEQ). L’entente avec la France permet de faciliter la reconnaissance des qualifications professionnelles. Dans le cas du PEQ, ce programme a pour objectif de favoriser l’établissement des étudiants étrangers dans la province lorsque leurs études sont terminées.

Conclusions

Malgré son bilan, le Québec a mis en place des initiatives intéressantes au cours des dernières années. En effet, ces initiatives auront certainement pour effet de favoriser la reconnaissance des qualifications professionnelles, d’augmenter le ratio de personnes avec un diplôme canadien et d’augmenter le nombre de personnes en bas âge. Finalement, les pistes suivantes pourraient être envisagées pour améliorer davantage la situation :

1. Conclure d’autres ententes similaires à l’Entente Québec-France avec des pays de la francophonie.

2. L’entrepreneuriat : Questionnaire | Stratégie québécoise de l’entrepreneuriat – les quelques réponses mentionnaient surtout que davantage d’efforts peuvent être faits pour faire le lien entre les nouveaux arrivants et les ressources en entrepreneuriat.

3. Suite à une consultation avec le secteur privé, former un corpus d’offres d’emplois réservées aux nouveaux arrivants étudiant au Canada. Pour y parvenir, évaluer les formations des candidats en fonction des besoins du marché.

Qu’en pensez-vous?

Références :

(1)    Boudarbat B., Boulet M., Immigration au Québec : Politiques et intégration au marché du travail (2010) CIRANO http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2010RP-05.pdf.

(2)    Entente Québec-France sur la reconnaissance  mutuelle des qualifications professionnelles

(3)    Programme de l’expérience québécoise (PEQ)

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